J’ai eu cette conversation cette semaine. Une prospect arrive avec son site, des positions top 5 sur ses mots-clés principaux, et elle veut qu’on fasse du netlinking dessus. Ma réponse : non. Pas parce que je veux pas travailler — mais parce que c’est pas là que son argent va le mieux travailler. Voilà pourquoi.
Le réflexe qu’on a tous — et qui coûte cher
Quand on parle netlinking, le réflexe naturel c’est de vouloir renforcer ce qui performe déjà. « Ma page est en position 3, je veux la mettre en position 1. » Logique commerciale. Logique humaine. Mauvaise logique SEO.
Une page déjà en top 5 reçoit du trafic. Elle convertit. Elle est vue. Oui, passer de la position 3 à la position 1 peut augmenter le CTR de 10 à 15%. Mais est-ce que c’est vraiment là que vous avez le plus à gagner ? Rarement.
Ce que vous n’avez pas regardé, c’est ce qui se passe entre la 6ème et la 30ème position. C’est là que l’argent dort.
Positions 6-30 : le vrai gisement de trafic
Une page en position 6 reçoit statistiquement entre 4 et 6% des clics sur sa requête. En position 1, on est à 25-30%. La même page, la même requête — juste quelques positions de différence — et vous multipliez votre trafic par 5. Ça, c’est du netlinking qui transforme concrètement votre business.
Les pages entre la 6ème et la 20ème position, c’est des pages que Google a déjà identifiées comme pertinentes. Il leur manque de l’autorité. Quelques liens bien ciblés, sur des supports thématiquement cohérents, et ces pages franchissent le cap de la première page. C’est mécanique.
Les pages entre la 20ème et la 30ème position, c’est un peu plus de travail — parfois aussi une question de contenu — mais le potentiel de gain en trafic absolu est énorme, surtout si les requêtes ciblées ont du volume.
Mais alors — les pages top 5, on fait quoi ?
On ne les abandonne pas. On les comprend différemment.
Quand vous achetez un lien sur un support externe et qu’il pointe vers votre site, ce lien ne bénéficie pas uniquement à la page cible. Il augmente l’autorité globale du domaine. Votre DR monte. Votre TF monte. Et mécaniquement, toutes vos pages en bénéficient — y compris celles déjà en top 5.
C’est le principe du netlinking bien compris : chaque lien entrant ajoute un domaine référent, renforce la confiance du site aux yeux de Google, et ce jus se redistribue dans toute l’architecture via le maillage interne. Vous n’avez pas besoin de pointer tous vos liens sur vos pages déjà fortes. Pointez-les sur les pages qui en ont besoin — l’effet de halo fait le reste.
Comment je priorise en pratique
Quand j’analyse un site avant de construire une stratégie netlinking, voici ce que je regarde dans l’ordre :
Étape 1 — Export des positions. Je sors toutes les pages du site avec leurs positions moyennes sur les 3 derniers mois. Google Search Console + Semrush ou Ahrefs pour avoir une vue complète.
Étape 2 — Identification des « dormants ». Toutes les pages entre la 6ème et la 30ème position sur des requêtes avec volume. C’est ma cible principale.
Étape 3 — Potentiel de gain. Je calcule l’écart de trafic entre la position actuelle et la position 1. Les pages où ce delta est le plus fort en valeur absolue passent en priorité.
Étape 4 — Pertinence thématique. Je vérifie que les supports où je vais acheter des liens ont un TTF cohérent avec la thématique de la page cible. C’est non-négociable.
Un exemple concret
Prenons un site e-commerce dans la thématique maison et jardin. Ils ont une page « aspirateur sans fil » en position 2 (enviable) et une page « nettoyeur vapeur sol » en position 11. La requête « nettoyeur vapeur sol » fait 8 000 recherches par mois en France.
Mettre des liens sur la page aspirateur pour passer de 2 à 1 ? Gain estimé : +200 à +300 visites/mois. Budget nécessaire : élevé, la concurrence est déjà forte sur cette position.
Mettre 3 liens bien choisis sur la page nettoyeur vapeur pour passer de 11 à 5 ? Gain estimé : +800 à +1 200 visites/mois. Budget nécessaire : bien inférieur, la page n’est pas encore dans la zone ultra-compétitive.
Le choix est évident. Et pourtant, 80% des briefs que je reçois me demandent de travailler les pages déjà en top 5.
Ce que ça change dans votre façon de commander des liens
La prochaine fois que vous lancez une campagne netlinking, commencez par cette question : quelles sont mes pages entre la 6ème et la 30ème position sur des requêtes à volume ? Ce sont elles qui méritent votre investissement en priorité.
Les pages top 5 bénéficieront de l’autorité globale gagnée. Vous n’avez pas besoin de les cibler directement pour qu’elles progressent encore.
C’est ça, une stratégie netlinking efficiente. Pas forcément plus de liens — les bons liens, aux bons endroits, dans le bon ordre.
Vous voulez savoir où mettre vos liens en priorité ?
Je fais ce travail d’analyse pour mes clients chaque semaine. On peut regarder votre site ensemble.





